LA CONSTRUCTION DU CANADIAN PACIFIQUE




Le 21 juin 1985


Le Rédacteur en chef,
Journal "Vancouver Sun"

Monsieur:

En tant que canadienne d'origine chinoise, j'aimerais vous remercier de votre article sur la construction du chemin de fer Canadien Pacifique. J'ai trouvé votre compte rendu objectif et honnête.

Il rendait hommage à mon arrière grand-père et à ses compagnons d'origine chinoise qui ont travaillé au projet de construction du chemin de fer. Mon arrière-grand-père lui-même a vécu des moments bien pénibles qu'il nous racontait parfois quand j'étais petite. Il n'a pourtant jamais oublié pourquoi il voulait tant venir dans ce pays ni l'émotion profonde qu'il a ressentie lorsqu'il a enfin vu les Rocheuses. Ses yeux brillaient de joie quand il se rappelait la première fois qu'il a vu la beauté sauvage de ce pays.

Le chemin de fer devait unir ce pays et permettre à la Colombie Britannique de prendre sa place au sein de la Confédération. L'objectif a été atteint dans les deux cas. Je dois beaucoup à ce pays et je sais qu'en retour ce pays doit beaucoup à mon arrière-grand-père et à ses compagnons de travail; votre article en fait foi avec éloquence. Je me demande si mon arrière-grand-père s'est rendu compte de l'importance de sa contribution; il n'était qu'un simple ouvrier aux ambitions les plus humbles. Je l'ai pourtant entendu dire un jour:«Comme le cerisier qui fleurit, deux cultures qui se rejoignent ont besoin de temps et d'un climat propice. Mais lorsque l'arbre s'épanouit, quelle splendeur...»!

Même si mon arrière grand-père n'en a jamais parlé, je suis sûre qu'il n'a jamais douté que les belles choses dont il rêvait pour sa famille se réaliseraient un jour. Merci encore de votre article qui me permet de croire qu'il serait fier de notre épanouissement comme il l'était des fleurs de son cerisier.


Vôtre,

Lily Chang