LA CONFÉDÉRATION




Le premier juillet 1867

Ma chère Sophie

C'est aujourd'hui la première journée de la confédération et selon papa, c'est une journée très historique. Il dit qu'une nation est en train de naître. Je ne comprends pas très bien ce que cela veut dire ni ce que ça va changer, mais papa semble certain que l'avenir est plein de promesses. Il dit aussi que l'union fait la force et qu'ensemble tout est possible.

Je crois que papa devrait se lancer en politique mais il dit qu'il est plus utile en restant dans l'ombre. Peut-être est-il aussi humble parce que nous sommes acadiens? Je lui demanderai un jour. Comment ça va au Nouveau Brunswick? Te rends-tu compte que nous vivons maintenant dans le même pays, malgré son immensité? Ca doit être pourquoi je me sens près de toi malgré la distance.

C'est surprenant qu'on ait choisi Ottawa pour être la capitale du pays. C'est vraiment une ville de bûcherons au beau milieu des bois. Papa dit qu'elle va se développer très vite et qu'elle rerésentera bien les cultures française et anglaise puisqu'elle est située au coeur du pays. Mais malgré ses mérites, je me sens tout de même loin de vous tous.

Notre maison est sur le bord la rivière des Outaouais et je passe des heures à la regarder et à m'imaginer les chasseurs amérindiens puis les explorateurs et les voyageurs la remonter en canot. Ils devraient être bien courageux. Papa dit que ce sont les peuples indigènes qui ont permis à nos ancêtres de survivre en leur enseignant comment se nourrir à partir des richesses naturelles et à se déplacer sur les nombreux cours d'eau de ce pays.

Papa et moi avons beaucoup admiré les banderoles et les drapeaux que les ouvriers ont installés sur les édifices du Parlement pour les célébrations d'aujourd'hui. On a même vu le nouveau premier ministre du Canada, Sir John A. MacDonald passer en calèche. Papa dit que c'est un homme de beaucoup de talent qui saura bien nous gouverner.

Je dois maintenant te laisser car maman me fait signe que c'est l'heure de souper. Écris-moi vite Sophie et donne-moi des nouvelles.


Ton ami et compatriote canadien,



Louis Cormier